Succès et difficultés pour les tenants des TIC en éducation
Mercredi 28 janvier 2009 par Julie LussierChristophe* est le père d’une jeune élève de 9 ans de la Capitale nationale dont le « parc informatique » de son école ne dispose que de 10 ordinateurs. Ils sont quelques parents à s’être joint à Christophe afin de former un comité responsable de la recherche de financement pour en arriver à offrir à chaque élève, dès la 3ème année, un mini-portable.
Mais le groupe n’a pas la tâche facile. «Chaque fois que le projet rencontre ses opposants les plus farouches, c’est lorsque que ses détracteurs polarisent la réflexion sur l’ordinateur comme instrument technologique plutôt qu’un moyen d’apprendre, un outil de partage des apprentissages », plaide Christophe.
Une réflexion incontournable
Pourtant la réflexion est bel et bien engagée, impossible de faire marche arrière soutiennent plusieurs. C’est le cas de Ronald Canuel, directeur général de la commission scolaire Eastern Townships, élu l’un des héros de l’année par le lectorat de la revue Sélection du Reader’s Digest. Un honneur mérité grâce à l’achat et le soutien de l’implantation d’ordinateurs pour les élèves de son organisation dans une vaste opération de 12,5 millions. Revenir en arrière vous dites? «Comme l’a dit le président du syndicat en séance publique, (…) enseigner sans portable ce serait retourner à l’ère préhistorique!» répondait monsieur Canuel à la journaliste Cynthia St-Hilaire.
En attente de statistiques
Peu de statistiques au Québec permettent d’appuyer les promoteurs de l’utilisation des TIC. «Le MELS n’a pas de rapport, mais il y en a un qui a été fait par la commission scolaire [Eastern Townships]», note Stéphanie Tremblay, conseillère en communications au MELS dont les propos sont relatés dans l’article de madame St-Hilaire.
Mais nos voisins français ont le numérique à l’œil. Déjà en 2006, la seule lecture du Rapport pour le développement des TIC dans l’Éducation nationale avait de quoi faire espérer le milieu de l’éducation. De notre côté de l’Atlantique, les pressions se font de plus en plus nombreuses. Les dernières élections provinciales ont donné l’occasion aux tenants de l’utilisation des TIC en éducation ainsi qu’au milieu communautaire et des affaires d’exiger des partis un plan numérique pour le Québec. Un bouillonnement de propositions liées aux TIC en éducation y ont vu le jour.
«On ne pourra éternellement se rabattre sur l’absence de statistiques concluantes pour retarder les investissements dans ce genre de projet, explique Christophe. Qu’on le veuille ou non, les TIC sont utilisées presque universellement par les élèves dans leur milieu de vie! Plus qu’un handicap, chaque occasion manquée d’en être vient augmenter le fossé qui existe entre les natifs du numériques, ceux que nous sommes appelés à servir, et nous les éducateurs.»
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* Christophe est un pseudonyme, le parent ayant souhaité conserver l’anonymat pour les fins de cet article.
