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Archive pour la catégorie ‘système scolaire’

Communauté apprenante de milieu

Vendredi 13 mars 2009 par Martin Comeau

Je ne saurais dire si c’est le cas partout, mais le conseil d’établissement auquel j’ai eu la chance d’assister hier comprenait un peu tout ce qu’on trouve dans une communauté. On ne parlera pas tout de suite des enseignants, parce que ça, c’est compris dans l’exercice tout comme le directeur d’école et même le silencieux commissaire scolaire. Quand je parle de la représentativité, je parle aussi d’une personne issue du monde des affaires, puis une autre du milieu ouvrier, puis cette autre travailleuse sociale, c’est sans vous parler, aussi, du service de garde et du chapeau de parent que porte un peu tout le monde autour de la table.

J’y étais sur invitation à ce C.E., pour parler TIC et cyber-intimidation et parce que depuis des lunes, notre fille fréquente cette école et ma conjointe et moi acceptons d’y être la semaine pour ne pas que la bibliothèque soit déserte, pour éviter que l’enseignant sache plus où donner de la tête quand la classe a bien besoin d’un accompagnateur, à l’école comme en activités, ou plus spécifiquement quand le directeur d’école se met en tête la drôle d’idée que chaque élève devrait profiter des mêmes chances, que chaque élève devrait pouvoir bénéficier d’un portable pour fonctionner, tant qu’à faire. C’est là qu’il s’est dit que ce serait bien que je lui offre quelques heures de mon temps et du peu qu’il me reste de mes soirées. On est jamais si bien que deux pour rêver, alors je lui ai dit pourquoi pas?

* * *

Ce n’est pas une école dans le plus cossu des milieux. Ça y joue parfois dur et on n’a peut-être pas tartiné les revenus de façon égale dans mon coin. Le souci de faire sortir l’enfant avec le même bagage d’actifs d’apprentissages, lui, anime pas mal tout le monde qui se trouve autour de la table. Aucun natif du numérique dans les alentours des décisions, mais suffisamment d’ouverture d’esprit pour que la réunion prenne la tournure nécessaire pour avancer, par une toute petite phrase, à un certain moment, soufflée par une enseignante quelques printemps juste après la cinquantaine et qui ressemblait à ceci :

- Qu’est-ce que je pourrais faire avec ça, moi?
- Comment vous appréciez les traitements de texte? que je lui demande.
- Ça je suis capable.

Elle va s’occuper du wiki. Elle va tenir le wiki de l’école. Et elle aimerait aussi que ça ne serve pas à rien. Tout comme ce prof qui me dit :

- Moi, monsieur, je suis bon en recherche. Mes élèves, ils ne connaissent pas Fred Caillou, alors bang! Je leur ai montré une photo sur Google!
- Ils devaient rire un bon coup vos élèves! que je lui dis.
- Je ne sais pas, l’un deux l’écoutait déjà en espagnol!

* * *

Les gens que j’ai rencontrés hier ont souligné quatre conditions gagnantes pour réussir leur intégration et l’adhésion enthousiaste à l’idée :

    1. L’enfant doit pouvoir revenir à la maison avec l’outil, pour que le parent puisse prendre le relais avec lui, l’un et l’autre apprenant grâce à une pratique adaptée au temps de chacun et permettant au parent d’être impliqué grâce à un objet qui a une fonction d’apprentissage plutôt que représentant uniquement un aspect ludique;
    2. La première année du projet, on devra capitaliser sur les forces des enseignants et trouver des usages qui se transforment en activités d’apprentissages dans un programme ouvert et flexible;
    3. Partir des idées et faire évoluer celles-ci vers l’outil et les technologies et non des TIC qui dictent les activités;
    4. Partir d’une page bien blanche, l’esprit ouvert et surtout, créer le programme au gré de l’aventure.

      * * *

      Ce n’est jamais décidé d’un coup, tout de suite comme ça, ce genre de projet. Celui-là ne l’est pas davantage. Mais il y avait unanimité hier autour de cette table. On pouvait le faire. Le reste appartient aux passions. Mais ce qui devait partir d’un directeur d’école et d’un enseignant est maintenant en contagion chez trois d’entre eux et un conseil d’établissement. Tout simplement grâce au fait que chacun a choisi de bâtir le projet… ensemble. Je vous avais dit qu’hier il y avait du monde de tous les milieux, bien maintenant, ce monde rêve à une communauté d’apprenants étendue à la participation de tout ce milieu.

      Choisir de croire en ceux qui croient aux succès de l’élève

      Mercredi 11 février 2009 par Chantal Longpré

      «Enseignement du français: le plan d’action bat de l’aile» titrait Le Soleil, un article de Daphnée Dion-Viens, le 9 février dernier.

      Ce n’est pas seulement le plan d’action qui bat de l’aile, c’est surtout le résultat, tant de fois démontré par le passé, de toute mesure qui tente d’appliquer mur-à-mur des solutions qui ne tiennent pas compte du caractère distinctif de chaque milieu, des défis qui appartiennent à chacune des classes de chacune des écoles.

      Les enseignants autant que les directions d’établissement d’enseignement n’offrent pas leur opposition par simple plaisir d’en découdre avec la ministre de l’éducation. Ils en appellent plutôt au respect des interventions de chacun de ceux qui investissent des efforts de tous les instants pour poursuivre et soutenir des stratégies collées à la réalité des élèves. Qui profite d’un meilleur poste d’observation et d’intervention que l’enseignant et la direction d’établissement d’enseignement pour saisir les enjeux et les défis qui sont propres à la maîtrise du français?

      Le rôle des enseignants et des leaders en gestion pédagogique n’est certainement pas de céder à la panique face aux performances des élèves, encore moins d’offrir une solution qui s’explique en deux points, dictée et lecture, mais qui n’en marque aucun sur le terrain. Au coeur de nos objectifs et de nos préoccupations se trouve l’élève. Au coeur des difficultés qu’il éprouve, pour conserver sa motivation, il doit d’abord sentir que chacun de ceux qui l’accompagnent agit en comprenant ses différences, ses difficultés qui sont différentes de celles de son voisin de pupitre.

      Au coeur de chacune des communautés, on trouve des différences qui viennent ponctuer les stratégies, teinter le choix des actions et des moyens. C’est faire confiance à des solutions qui s’inspirent de la personne et non des urgences dictées par l’alarmisme qui ne saurait être que contre-productif. Le monde scolaire en appelle à la solidarité de chacun des acteurs, qui partagent tous le même objectif : la réussite des élèves. La maîtrise du français est l’affaire de tous les acteurs du milieu, dans une école qui n’a désormais plus, pour seules limites, l’établissement où évolue l’enfant. C’est une invitation à la ministre de l’éducation qui est lancée par le milieu scolaire, une invitation à faire confiance à ceux qui côtoient et accompagnent chaque jour les élèves vers une réussite en laquelle nous croyons.

      Réduction du ratio élèves-enseignants: Les moyens de nos ambitions

      Jeudi 27 novembre 2008 par Chantal Longpré


      Campagne électorale oblige, chaque parti y va de son trousseau de solutions qui viennent animer, avec plus ou moins de vigueur, le débat sur les grands enjeux du monde de l’éducation. Cette campagne n’allait pas y échapper et voilà que l’une des promesses sur laquelle au moins deux des partis semblent s’entendre est d’abaisser le ratio du nombre d’élèves par enseignant[1].

       

      On ne saurait être contre la vertu, encore faudrait-il que les moyens s’approchent d’une certaine forme d’espoir d’atteindre la finalité recherchée. Une approche quantitative trouvera certes une certaine forme de résonnance dans le grand public - c’est bien là qu’on cherche à être entendu d’ailleurs - mais est vite venue décevoir un milieu de l’éducation résolument tourné vers des stratégies qui tiennent compte de la réalité scolaire. Cette réalité, c’est la zone de tolérance au dépassement de l’actuel ratio. On pouvait lire sur le blogue d’un Prof malgré tout:

       

      «Effectivement, la différence entre une classe de 23 élèves et une classe de 18 élèves en sixième année du primaire n’est pas énorme. Le problème, c’est que parfois, ils sont 30 dans une classe de sixième année. Voulez-vous parier que ça fait une différence 23 à la place de 30? Surtout si ça se répète pendant plusieurs années pour une même cohorte d’élève.»[2]

       

      Une réaction pareille n’est pourtant pas surprenante. Quota, ratio, liste d’attente, réduction de temps d’attente, le vocabulaire qu’on utilise politiquement pour proposer des solutions suggère l’approche quantitative à un milieu animé d’individus passionnés, engagés et commis au meilleur exercice qui soit de leur profession. Le milieu de l’éducation n’est pas le seul à en compter, mais il est certainement l’un de ceux où la direction a un vif désir de parler d’une stratégie globale, qui tiendra compte du désarroi de ses artisans, les enseignants.

       

      Tout juste sorti au moment de rédiger ce billet, le Manifeste pour que l’école redevienne une priorité nationale dégageait lui-même, du préscolaire à l’université, tout un lot de mesures dont la réduction d’élèves par classe, mais aussi d’autres stratégies périphériques:

       

      «Les onze revendiquent entre autres une diminution du nombre d’élèves par classe, le développement des activités parascolaires, de meilleurs services de garde en milieu scolaire, un réinvestissement de 1,5 milliard $ du primaire à l’université, et une bonification du régime de prêts et bourses[3]

       

      Nous parlions récemment de la détresse des enseignants, des causes et des moyens qui pouvaient être utilisés pour tenter d’y remédier. Nous parlions aussi des ressources et de leur importance pour mener à bien la mission éducative. Pour contribuer à la santé de notre système d’éducation, il ne suffit pas de multiplier le nombre de passionnés qui y travaillent ou de réduire le nombre d’élèves avec lesquels ils partagent cette passion, il faut surtout voir à donner au milieu les moyens de notre passion collective, l’élève.




      [1] Reportage Épreuve des faits, Société Radio-Canada, 18 novembre 2008. Consulté le 23 novembre 2008.

      [2] Ratio 101, Prof malgré tout, 17 novembre 2008, consulté le 23 novembre 2008. http://profmalgretout.blogspot.com/2008/11/ratios-101.html

      [3] Manifeste Faire de l’éducation une priorité nationale, Lia Lévesque, Cyberpresse, 24 novembre 2008 - http://www.cyberpresse.ca/actualites/elections-provinciales/200811/24/01-803837-manifeste-faire-de-leducation-une-priorite-nationale.php - Consulté le 24 novembre 2008

      Au-delà des intentions, un oeil sur l’action.

      Mercredi 19 novembre 2008 par Chantal Longpré


      Le 29 octobre dernier, nous présentions par voie de communiqué nos réactions face au projet de loi no 88 sanctionné par l’assemblée nationale du Québec et visant à modifier la loi sur l’instruction publique. Ce que nous tenions surtout à soulever, c’est combien le coeur du projet doit demeurer la distribution des ressources allouées à l’établissement pour permettre à l’élève de recevoir les meilleurs services qui soient. 

       

      « Nous avons maintenant clairement la possibilité de nous entendre, de nous comprendre par une entente de gestion entre l’école et la commission scolaire. Une fois pour toutes, si les partenaires conviennent ensemble d’une entente menant à la réussite éducative, l’école pourra davantage devenir le reflet de la communauté qui la compose.» - FQDE, communiqué de presse du 29 octobre 2008.

       

      Au-delà des voeux et des intentions prêtés au projet de loi qui s’avèrent être ses prémisses, ce qui est inquiétant est tout le risque d’occulter la priorité donnée aux intérêts de l’élève par tout le débat que soulève les changements à la démocratie scolaire, à laquelle on tente de donner une identité un peu plus collée à sa communauté. Déjà quelques levées de boucliers annoncent une prise de position axée sous l’angle des considérations politiques, notamment ce communiqué proposé par l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec où on pouvait y lire:  

       

      «Bien que le suffrage universel soit un principe important et démocratique, dans ce cas, sa légitimité est mise en question. Le projet de loi no 88 ne vise pas un juste équilibre qui vise à faciliter ou à financer des campagnes efficaces pour les candidats au poste de président, ni aucune protection accordée contre le fait qu’un président puisse obtenir un mandat conféré par une région isolée et peu ou pas d’appui de la majorité de ce territoire.»

       

      Or la FQDE constate que les commissions scolaires, visiblement identifiées comme veilles de la qualité des services éducatifs, demeurent le point d’ancrage des nouvelles dispositions législatives. Les questions demeurent alors entières: comment garantir pour autant une école collée à son milieu, valoriser la spécificité des milieux tout en souhaitant miser sur une forme d’unicité? Comment assurer aux gardiens et porteurs des valeurs du milieu, les conseils d’établissement (CE), que leurs préoccupations trouveront échos et actions, qu’ils sentiront qu’ils sont au coeur d’un partenariat réel et constructif de la réussite éducative? 

       

      Intéresser la communauté au processus démocratique scolaire implique qu’elle puisse sentir que son action dans les sphères où elle est invitée à se joindre est utile et mène à des gestes concrets de la part des instances en périphérie de celles qu’occupe le CE. Intéresser tout un milieu à son capital scolaire appelle à une possibilité d’en mesurer les objectifs, pour dégager ceux qui sont politiques de ceux résolument éducatifs. C’est à ces actions que seront attentives les directions d’établissement d’enseignement, en tant que partenaires mobilisateurs d’un milieu qui se veut pro-actif, certes, mais aussi en tant qu’acteurs pour qui l’intérêt de l’élève et sa réussite passent par une école à l’image de sa communauté. Pour que survive l’intérêt démocratique, encore faut-il en plus du scrutin que le citoyen sente qu’il est interpellé et entendu par ses institutions. C’est ce à quoi nous sommes résolument dédiés.

      Notre loyauté va à l’élève

      Mercredi 20 février 2008 par Julie Lussier

      Nous choisissons de nous impliquer et d’influencer comme nous le faisons dans nos écoles vis-à-vis notre personnel, nous choisissons par conséquent de créer certaines irritations, de provoquer certains groupes et même de perdre des « amis » puisque nous ne disons plus comme eux. Cette situation qui nous amène à gérer notre affectif peut nous conduire sur deux chemins : celui de l’amitié à tout prix parce que, semble-t-il, celle-ci doit s’acheter au détriment de nos idées ou celui de la raison, un peu plus difficile au départ mais probablement plus intéressant en terme de retombées tant pour notre profession que pour la mission de nos institutions. Qu’y a-t-il de mal à souhaiter travailler pour le mieux?

      C’est toujours en ayant comme principale motivation les services à rendre aux élèves que nous décidons de nous prononcer en faveur d’une école renouvelée au cœur de sa communauté. À la FQDE, nous croyons que l’éducation ne peut trouver son sens qu’à travers sa communauté : les parents, les élèves, le personnel de l’établissement et les partenaires du réseau scolaire.

      Je vous invite à lire notre plus récent communiqué.

      Sauve qui peut!

      Jeudi 24 janvier 2008 par Serge Morin

      Qui se préoccupe de l’avenir de l’éducation? Qui peut se permettre de débattre de l’éducation? Qui a le pouvoir et la responsabilité de changer les choses? Qui connaît le fonctionnement d’une école? Qui saura nous dire où l’élève doit aller?

      Le débat est lancé.

      Doit-on sauver l’élève ou la structure?

      Rénovation du système scolaire

      Lundi 12 novembre 2007 par Serge Morin

      Dans le but de moderniser le système scolaire québécois, les architectes ont déposé les plans de la rénovation lors des États généraux.

      Depuis près d’une décennie, tous les occupants se positionnent sur les aménagements que l’on retrouve dans ce plan à partir d’un vécu qui leur est propre. Certains apprécient et s’y sentent comme à la maison là où il fait bon revenir, d’autres n’apprécient guère et entrevoient les limitations d’une telle construction.

      Certains trouvent que leur pièce a rétrécie et tentent d’élargir leur espace. D’autres, débordés par les travaux que requiert la restructuration de leur pièce, ont délégué à la femme de ménage certaines responsabilités. Et quelle ne fut pas leur surprise lorsqu’ils ont constaté que cette dernière avait pris le contrôle! D’autres occupants ont carrément refusé les réaménagements et ont continué comme si la rénovation n’avait pas eu lieue. Tel est le constat fait par les directions d’établissement d’enseignement déléguées à l’Assemblée générale de mai 2007.

      Les Associations avec votre Fédération ont donc convenu de visiter vos Conseils d’administration par région afin de faire la mise à jour de la situation actuelle. Viendra alors le temps de faire connaître aux acteurs concernés le périmètre de la pièce et les portes de service nécessaires à l’établissement.

      Dans l’élaboration d’un tel plan, la réfection se fera toujours à partir de la lunette des services que l’on doit rendre à l’élève dans son école, dans sa communauté, dans son réseau, dans sa province… pour bâtir son avenir.

      *** Ce texte est tiré des Manchettes du mois d’octobre que vous pouvez lire en totalité dans sa version interactive ou en format pdf.  

      Directions : qu’est-ce qui vous titille?

      Mercredi 24 octobre 2007 par Julie Lussier

      L’école québécoise vit de grands changements. On parle de restructuration, de rénovation du système scolaire. À la FQDE, nos travaux sont en cours. Sur le chantier d’un nouvel outil de communication, nous vous souhaitons la bienvenue sur votre blogue, votre tribune. Exprimez-vous. Dites-nous ce qui vous titille. Laissez libre cours à votre imagination. Nous déposerons un billet inspiré de vos préoccupations sous peu.