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Archive pour mars 2009

Le rapport Ménard: Une voix de plus vers une considération bien présente dans le milieu

Mardi 24 mars 2009 par Josianne Massé

Plusieurs voix se sont fait entendre depuis le récent dépôt du rapport Ménard. Celles qui peuvent paraître tardives ou moins fortes sont peut-être des mains tendues, comme l’est celle de notre organisation. Une main tendue pour accueillir, d’abord, cette voix de plus qui s’ajoute à la nôtre pour croire en l’amélioration de la réussite des élèves. On aurait eu tort de s’attendre à de nouveaux constats ou de nouvelles réalités; nous avons, comme plusieurs acteurs du monde scolaire, depuis longtemps mis en lumière les causes aussi bien que les remèdes.

On se souviendra avoir fréquemment trouvé au coeur de nos propos l’importance de placer l’élève à la source autant qu’à la destination de nos actions. Investir, s’investir auprès de lui, et dans l’école d’abord, choisissant de ne pas disperser les efforts et les ressources en investissant dans les structures, mais en mettant le focus sur l’élève, là où il peut ressentir pleinement la portée des gestes visant à l’aider à réussir. On se souviendra surtout combien nous avons répété l’importance de trouver tout un milieu comme partenaire de l’école, une école ouverte sur une communauté animée par le désir d’agir aussi.

Or, plusieurs stratégies sont déjà en marche, respectant les spécificités de chaque milieu parce que directement axées sur les critères bien différents d’une communauté scolaire à une autre. Il faut poursuivre le travail déjà amorcé en considérant que le rapport Ménard est une voix supplémentaire encourageant le maintien des actions déjà présentes dans les milieux. Chaque voix qui s’ajoute est un élément motivateur supplémentaire pour des acteurs qui fournissent déjà des efforts importants auprès des élèves. Certes, il faut évaluer l’impact des différents programmes, mais en sachant mesurer le résultat autrement que dans l’esprit de cibles qu’une ministre pourrait être tentée d’ajouter pour illustrer une forme de considération politique, pour donner l’impression rassurante d’avoir entendu. Le reste ne serait que bureaucratie et n’aurait alors pour fonction que d’occuper davantage les ressources sur ce qui est le moins rentable pour l’élève et cultiverait la culpabilité des intervenants plutôt que de leur donner les moyens d’une ambition qu’ils ont déjà, celle de voir l’élève réussir et choisir de persévérer.

Communauté apprenante de milieu

Vendredi 13 mars 2009 par Martin Comeau

Je ne saurais dire si c’est le cas partout, mais le conseil d’établissement auquel j’ai eu la chance d’assister hier comprenait un peu tout ce qu’on trouve dans une communauté. On ne parlera pas tout de suite des enseignants, parce que ça, c’est compris dans l’exercice tout comme le directeur d’école et même le silencieux commissaire scolaire. Quand je parle de la représentativité, je parle aussi d’une personne issue du monde des affaires, puis une autre du milieu ouvrier, puis cette autre travailleuse sociale, c’est sans vous parler, aussi, du service de garde et du chapeau de parent que porte un peu tout le monde autour de la table.

J’y étais sur invitation à ce C.E., pour parler TIC et cyber-intimidation et parce que depuis des lunes, notre fille fréquente cette école et ma conjointe et moi acceptons d’y être la semaine pour ne pas que la bibliothèque soit déserte, pour éviter que l’enseignant sache plus où donner de la tête quand la classe a bien besoin d’un accompagnateur, à l’école comme en activités, ou plus spécifiquement quand le directeur d’école se met en tête la drôle d’idée que chaque élève devrait profiter des mêmes chances, que chaque élève devrait pouvoir bénéficier d’un portable pour fonctionner, tant qu’à faire. C’est là qu’il s’est dit que ce serait bien que je lui offre quelques heures de mon temps et du peu qu’il me reste de mes soirées. On est jamais si bien que deux pour rêver, alors je lui ai dit pourquoi pas?

* * *

Ce n’est pas une école dans le plus cossu des milieux. Ça y joue parfois dur et on n’a peut-être pas tartiné les revenus de façon égale dans mon coin. Le souci de faire sortir l’enfant avec le même bagage d’actifs d’apprentissages, lui, anime pas mal tout le monde qui se trouve autour de la table. Aucun natif du numérique dans les alentours des décisions, mais suffisamment d’ouverture d’esprit pour que la réunion prenne la tournure nécessaire pour avancer, par une toute petite phrase, à un certain moment, soufflée par une enseignante quelques printemps juste après la cinquantaine et qui ressemblait à ceci :

- Qu’est-ce que je pourrais faire avec ça, moi?
- Comment vous appréciez les traitements de texte? que je lui demande.
- Ça je suis capable.

Elle va s’occuper du wiki. Elle va tenir le wiki de l’école. Et elle aimerait aussi que ça ne serve pas à rien. Tout comme ce prof qui me dit :

- Moi, monsieur, je suis bon en recherche. Mes élèves, ils ne connaissent pas Fred Caillou, alors bang! Je leur ai montré une photo sur Google!
- Ils devaient rire un bon coup vos élèves! que je lui dis.
- Je ne sais pas, l’un deux l’écoutait déjà en espagnol!

* * *

Les gens que j’ai rencontrés hier ont souligné quatre conditions gagnantes pour réussir leur intégration et l’adhésion enthousiaste à l’idée :

    1. L’enfant doit pouvoir revenir à la maison avec l’outil, pour que le parent puisse prendre le relais avec lui, l’un et l’autre apprenant grâce à une pratique adaptée au temps de chacun et permettant au parent d’être impliqué grâce à un objet qui a une fonction d’apprentissage plutôt que représentant uniquement un aspect ludique;
    2. La première année du projet, on devra capitaliser sur les forces des enseignants et trouver des usages qui se transforment en activités d’apprentissages dans un programme ouvert et flexible;
    3. Partir des idées et faire évoluer celles-ci vers l’outil et les technologies et non des TIC qui dictent les activités;
    4. Partir d’une page bien blanche, l’esprit ouvert et surtout, créer le programme au gré de l’aventure.

      * * *

      Ce n’est jamais décidé d’un coup, tout de suite comme ça, ce genre de projet. Celui-là ne l’est pas davantage. Mais il y avait unanimité hier autour de cette table. On pouvait le faire. Le reste appartient aux passions. Mais ce qui devait partir d’un directeur d’école et d’un enseignant est maintenant en contagion chez trois d’entre eux et un conseil d’établissement. Tout simplement grâce au fait que chacun a choisi de bâtir le projet… ensemble. Je vous avais dit qu’hier il y avait du monde de tous les milieux, bien maintenant, ce monde rêve à une communauté d’apprenants étendue à la participation de tout ce milieu.