Blogue

Choisir de croire en ceux qui croient aux succès de l’élève

Mercredi 11 février 2009 par Chantal Longpré

«Enseignement du français: le plan d’action bat de l’aile» titrait Le Soleil, un article de Daphnée Dion-Viens, le 9 février dernier.

Ce n’est pas seulement le plan d’action qui bat de l’aile, c’est surtout le résultat, tant de fois démontré par le passé, de toute mesure qui tente d’appliquer mur-à-mur des solutions qui ne tiennent pas compte du caractère distinctif de chaque milieu, des défis qui appartiennent à chacune des classes de chacune des écoles.

Les enseignants autant que les directions d’établissement d’enseignement n’offrent pas leur opposition par simple plaisir d’en découdre avec la ministre de l’éducation. Ils en appellent plutôt au respect des interventions de chacun de ceux qui investissent des efforts de tous les instants pour poursuivre et soutenir des stratégies collées à la réalité des élèves. Qui profite d’un meilleur poste d’observation et d’intervention que l’enseignant et la direction d’établissement d’enseignement pour saisir les enjeux et les défis qui sont propres à la maîtrise du français?

Le rôle des enseignants et des leaders en gestion pédagogique n’est certainement pas de céder à la panique face aux performances des élèves, encore moins d’offrir une solution qui s’explique en deux points, dictée et lecture, mais qui n’en marque aucun sur le terrain. Au coeur de nos objectifs et de nos préoccupations se trouve l’élève. Au coeur des difficultés qu’il éprouve, pour conserver sa motivation, il doit d’abord sentir que chacun de ceux qui l’accompagnent agit en comprenant ses différences, ses difficultés qui sont différentes de celles de son voisin de pupitre.

Au coeur de chacune des communautés, on trouve des différences qui viennent ponctuer les stratégies, teinter le choix des actions et des moyens. C’est faire confiance à des solutions qui s’inspirent de la personne et non des urgences dictées par l’alarmisme qui ne saurait être que contre-productif. Le monde scolaire en appelle à la solidarité de chacun des acteurs, qui partagent tous le même objectif : la réussite des élèves. La maîtrise du français est l’affaire de tous les acteurs du milieu, dans une école qui n’a désormais plus, pour seules limites, l’établissement où évolue l’enfant. C’est une invitation à la ministre de l’éducation qui est lancée par le milieu scolaire, une invitation à faire confiance à ceux qui côtoient et accompagnent chaque jour les élèves vers une réussite en laquelle nous croyons.

Tags: , , , ,

2 commentaires pour “Choisir de croire en ceux qui croient aux succès de l’élève”

  1. Myriam Huzel dit :

    Je partage votre avis sur le fait qu’il faut laisser plus de libertés aux écoles d’agir selon les particularités qui découlent de leur environnment, du contexte socio-économique des élèves et des spécificités culturelles d’un milieu.
    Mais pour cela, il faudrait revoir la vision même qui sous-tend notre système scolaire et l’opinion de la société envers le corps enseignant. Il faut rehausser la confiance du gouvernement, des parents et de tous les citoyens envers le libre-arbitre de l’école.
    Par ailleurs, je suis curieuse de savoir à quel moment, et pour quels motifs les fonctionnaires ont pris le contrôle quaisi-absolu de la gouvernance, et ont décidé d’appliquer un modèle unique de programme à toutes les écoles. Je me demande aussi quel serait l’équilibre et le fonctionnement idéal pour instaurer à la fois une uniformité dans le niveau d’apprentissages des élèves, et une liberté quant aux méthodes employées, pour permettre de répondre adéquatement aux particularités des élèves selon les écoles.

  2. Chantal Longpré dit :

    En effet, si nous croyons que l’école peut trouver son rayonnement à travers le conseil d’établissement, il s’agit dune vision qui a besoin de l’engagement de toute une communauté. Il demeure clair pour nous que l’école a besoin d’accroitre ses marges de manœuvre pour réaliser son projet éducatif. Comme vous, je crois que nous devons miser sur une plus grande liberté des moyens à employer pour répondre aux besoins des élèves. Et plus ces choix se feront près des élèves, meilleurs seront les services que nous pourrons leur rendre. Un modèle unique du programme d’études convient lorsque l’application que l’on en fait en classe soutient les réalités du milieu. Et qui est mieux placé que le conseil d’établissement pour représenter adéquatement un milieu scolaire?

Laisser un commentaire