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Archive pour février 2009

L’intimidation: la pernicieuse spirale du silence

Mardi 24 février 2009 par Chantal Longpré

L’intimidation, c’est une réalité pour 70 % des enfants de 9 ans disant avoir été victimes de violence et d’intimidation à l’école en 2002. C’est une fille sur cinq et un garçon sur 10 qui craignent la violence physique ou verbale. Chez nos voisins du sud, on recense un cas de bullying toutes les 7 minutes et les adultes interviendraient dans … 4 % des cas. Un résultat gênant si on le compare aux pairs, les autres enfants, qui eux interviendraient dans 11 % des situations, toujours selon ce dossier de la journaliste Annie Fernandez, du Journal de Québec. Des données à faire réfléchir sur la pernicieuse spirale silencieuse qui entoure l’intimidation.

Ce n’est pas par erreur que l’on a évité d’ajouter le mot « scolaire » à « intimidation ». Chemin du retour de l’école, parcs, ruelles, arénas et terrains municipaux sont autant d’endroits où, en plus de l’école, s’exercent les gestes d’intimidation envers les enfants. La répétition des actes d’intimidation conjuguée à l’omniprésence de l’agresseur représentent un dangereux cocktail pour toute la communauté scolaire, pour l’enfant qui en est victime, et dont les conséquences sont considérables.

Au coeur du problème, il y a bien évidemment le silence. Un silence qui trouve sa cause dans la croyance qu’en parler causera plus de tort que de se taire. Si certaines de ces perceptions de l’enfant sont erronées, d’autres, elles, sont bien réelles. C’est ce que souligne Jean Gervais dans son excellent livre Au Secours! publié aux Éditions Boréal Jeunesse. « Ils [les enfants] ont peur des représailles ou craignent de passer pour des délateurs (…) ils estiment que défendre le souffre-douleur n’est pas de leur responsabilité. »

En tant qu’éducateurs, nous pouvons adopter des mesures et proposer des apprentissages qui visent à mettre en place un climat sain et sécuritaire à l’école. Nous pouvons travailler à amener les enfants à comprendre qu’il en va de leur responsabilité aussi d’assurer le maintien de la qualité du milieu de vie scolaire. Toutefois, notre communauté doit aussi se charger de prendre le relais. Autant les enseignants que les directions scolaires ne sauraient être de chaque rue, parc et cour arrière de résidences familiales pour assurer la continuité de ce travail de responsabilisation, de mobilisation.

La cyberintimidation est un chapitre tout aussi actif et malheureusement efficace qui se déroule bien souvent à partir de la maison. Les échanges de courriels haineux ou d’alliances négatives contre un enfant sont autant d’occasions qui échappent aux écoles mais qui sont au coeur des foyers, là où se trouve le partenaire principal du monde scolaire, le parent.

La solution appartient aux élèves, au monde scolaire, aux parents, aux commerçants, aux passants, aux voisins, au concierge, au brigadier scolaire, … à toute une communauté. Refuser cette responsabilité, c’est choisir de faire partie de la pernicieuse spirale du silence et donc en accepter les sombres conséquences dont nous payons tous le prix, l’enfant le premier.

Choisir de croire en ceux qui croient aux succès de l’élève

Mercredi 11 février 2009 par Chantal Longpré

«Enseignement du français: le plan d’action bat de l’aile» titrait Le Soleil, un article de Daphnée Dion-Viens, le 9 février dernier.

Ce n’est pas seulement le plan d’action qui bat de l’aile, c’est surtout le résultat, tant de fois démontré par le passé, de toute mesure qui tente d’appliquer mur-à-mur des solutions qui ne tiennent pas compte du caractère distinctif de chaque milieu, des défis qui appartiennent à chacune des classes de chacune des écoles.

Les enseignants autant que les directions d’établissement d’enseignement n’offrent pas leur opposition par simple plaisir d’en découdre avec la ministre de l’éducation. Ils en appellent plutôt au respect des interventions de chacun de ceux qui investissent des efforts de tous les instants pour poursuivre et soutenir des stratégies collées à la réalité des élèves. Qui profite d’un meilleur poste d’observation et d’intervention que l’enseignant et la direction d’établissement d’enseignement pour saisir les enjeux et les défis qui sont propres à la maîtrise du français?

Le rôle des enseignants et des leaders en gestion pédagogique n’est certainement pas de céder à la panique face aux performances des élèves, encore moins d’offrir une solution qui s’explique en deux points, dictée et lecture, mais qui n’en marque aucun sur le terrain. Au coeur de nos objectifs et de nos préoccupations se trouve l’élève. Au coeur des difficultés qu’il éprouve, pour conserver sa motivation, il doit d’abord sentir que chacun de ceux qui l’accompagnent agit en comprenant ses différences, ses difficultés qui sont différentes de celles de son voisin de pupitre.

Au coeur de chacune des communautés, on trouve des différences qui viennent ponctuer les stratégies, teinter le choix des actions et des moyens. C’est faire confiance à des solutions qui s’inspirent de la personne et non des urgences dictées par l’alarmisme qui ne saurait être que contre-productif. Le monde scolaire en appelle à la solidarité de chacun des acteurs, qui partagent tous le même objectif : la réussite des élèves. La maîtrise du français est l’affaire de tous les acteurs du milieu, dans une école qui n’a désormais plus, pour seules limites, l’établissement où évolue l’enfant. C’est une invitation à la ministre de l’éducation qui est lancée par le milieu scolaire, une invitation à faire confiance à ceux qui côtoient et accompagnent chaque jour les élèves vers une réussite en laquelle nous croyons.

Semaine des enseignants : choisir de prolonger notre gratitude

Lundi 2 février 2009 par Chantal Longpré

Une semaine pour y réfléchir. C’est un peu ce à quoi nous appelle la semaine des enseignants. Une semaine pour observer où se situe notre compréhension de leur passion, leurs défis, leurs enjeux, mais aussi leurs limites et leurs contraintes.

Une semaine pour observer plus particulièrement avec quel enthousiasme les enseignants portent une charge de responsabilités et d’attentes que peu d’entre nous sont appelés à soutenir. Une semaine pour reconnaître la contribution incalculable que représente la création de l’espace d’apprentissage, le développement des compétences, l’accompagnement vers la réussite, la valse de gestes à poser, aussi, pour entretenir chez nos enfants cette soif d’apprendre.

Une semaine pour se rappeler ces gens à qui les victoires appartiennent rarement, à qui les difficultés des élèves sont trop souvent attribuées. Une semaine pour se rappeler, surtout, qu’il faudra bien prolonger cette réflexion chaque jour. Parce qu’après cette semaine, pour ceux qu’elle tente de saluer, il en restera 51 dans la vie de chacun de nos enfants, accompagnés de leurs enseignants. C’est à eux que je souhaite que se prolonge cette gratitude pour tous les jours qui suivront.