Quand le politique oublie son rôle le temps d’une campagne…
Lundi 8 décembre 2008 par Chantal LongpréUn milieu scolaire, c’est tout sauf politique. Un milieu scolaire, c’est un processus bien plus qu’un moment figé dans une campagne et quelques pages d’un programme, c’est une démarche et des objectifs et non des interventions au goût du jour. Un milieu scolaire, c’est des élèves qui survivent aux partis, à leur programme et à leurs implications. Le parcours scolaire de l’élève, dont les enjeux se situent dans une stratégie globale de tout un milieu, ne saurait tirer profit d’une vision électoraliste, copiée et collée selon les mouvements qui animent, stratégiquement, l’opinion publique et prennent en considération le rayonnement médiatique. Les maux pédagogiques ont depuis longtemps dans le milieu scolaire cherché des remèdes autrement que politiques.
L’attention consacrée à l’éducation dans la présente campagne n’en est pas à son premier revers. Si les partis politiques ont choisi un peu tardivement de se saisir de la question de l’éducation, les secousses récentes au niveau fédéral n’ont rien pour ramener le regard et l’intérêt des citoyens sur le sujet et obliger le politique à démontrer une réelle compréhension des enjeux du monde scolaire. Dans cette campagne où tous les acteurs s’accordent pour dire que les débats de société n’ont pu trouver leur place dans l’agenda, on peut tout de même se questionner sur le regard que posent les partis sur le chapitre Éducation.
Dans cette province à laquelle on reproche souvent de voter davantage contre un parti que pour un autre, on ne s’étonnera pas de voir la priorité être donnée aux sujets qui calment la grogne de l’électorat, tout en s’assurant d’une réponse, plus ou moins adéquate, dans les dossiers délicats comme les prêts et bourses, les frais de scolarité, et plus près de nous, les ratios maître-élèves et la réforme de l’éducation, tous sous l’angle du politique comme législateur, oubliant son rôle réel, premier, fondamental en éducation : veiller à ce que l’école remplisse son rôle.
Or, toutes les occasions manquées par le politique de démontrer sa compréhension, autant de son rôle que de ce que la population attend de lui, convergent vers ce que nous croyons le plus fermement : Pour que l’élève demeure au centre de nos préoccupations, il faudra que le politique revienne à des énoncés de grandes orientations, tout en s’assurant ensuite que l’école joue son rôle. Le leadership scolaire, autant que ce qui anime l’éducation, est depuis longtemps en dehors des offices politiques. Vivement que nous nous en rappelions maintenant.
