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Archive pour avril 2008

La réussite des élèves, le succès des enseignants

Lundi 28 avril 2008 par Serge Morin

Les résultats parlent d’eux-mêmes. Au Québec, les élèves de treize ans se classent premiers au pays en lecture et en mathématiques, au deuxième rang en sciences, selon les tests du programme pancanadien d’évaluation (PPCE).

Nous avons, certes, de quoi être fiers, mais nous avons assurément matière à souligner l’excellence de nos professionnels enseignants. Ces élèves de treize ans sont ceux qui ont connu les tenants et aboutissants d’une réforme scolaire qui fait des remous. La vague a déferlé sur toute une communauté d’apprenants qui refait maintenant surface avec brio.

Promouvoir le système public ou privé? La question n’est pas là. Il s’agit d’abord de valoriser la qualité du travail fait en classe. À travers les déferlements, les flots de changements de pratiques demandés, nos enseignants ont gardé le fort. Vous ai-je déjà parlé d’exercice de jugement? Une leçon maîtrisée en classe qui, par-delà les structures administratives, permet à l’enseignant de mettre à profit ses capacités d’initiatives et de créativité. Un professionnel qui a le pouvoir de renforcer le désir du milieu scolaire à se voir performer davantage. Celui qui s’assure que les élèves ont les connaissances requises, celui-là même qui les oriente avec leurs compétences.

Le temps est peut-être venu de se mettre à l’unisson et de profiter de cette occasion pour souligner l’implication des enseignants. On sous-estime souvent leur rôle. Aujourd’hui, les résultats parlent d’eux-mêmes. Demain, rappelons-nous que ce seront eux qui maintiendront le cap à l’aide du gouvernail, orienteront la direction vers la réussite de nos élèves.

- Serge Morin, président

Fragments d’une pédagogie (première partie)

Mardi 22 avril 2008 par Julie Lussier

Une posture créative face aux médias de masse

Par Pierre D’Amours, chercheur, consultant en créativité et coach scolaire

Les images qui nous construisent

Il y a une quinzaine d’années, s’est forgée en moi l’image d’habiter près du grand fleuve Saint-Laurent. Je me voyais célébrant le va-et-vient ce cette mer intérieure; je m’imaginais appuyé à cette masse d’eau surprenante et berceuse. On dit que l’image faisant appel fortement à plusieurs sens finit sa course dans le système comportemental humain. J’ai ainsi acheté un terrain en bordure du Saint-Laurent et fait bâtir une petite maison en l’amarrant au tumulte des grandes eaux.

Tout dernièrement, marchant près du fleuve, je tentais de retracer les impressions que celui-ci pouvait avoir creusées dans ma psyché. Ce que je découvris m’étonna quelque peu. Les impressions me semblaient s’être figées dans le temps. Elles avaient presque la puissance d’une image de carte postale, celle que l’on remarque dans un comptoir de présentation. Je dis presque parce qu’en même temps que la prise de conscience de la conversion du fleuve en image carte postale, une autre vision s’est faufilée en moi, celle de ce fleuve intensément présent à ce moment précis de ma marche. Présence non pas de carte postale, mais présence poétique.

Génération Passe-Partout

Des sociologues québécois ont un jour recherché les images pouvant constituer la mémoire collective de la génération du début des années soixante-dix. Ils ont trouvé les images des personnages et de leurs aventures de l’émission Passe-Partout, le grand succès de Télé-Québec. Tout comme un espace-temps s’infléchit dans l’entourage d’un corps céleste en mouvement, la psyché de la génération des années soixante-dix s’était courbée d’émerveillement devant les irrésistibles péripéties des personnages de Passe-Partout.

Pendant la fin de ce printemps québécois 2008, nous assistons à une explosion de drapeaux, fanions, casquettes, chandails, épinglettes, alouettes du club de hockey Les Canadiens de Montréal. La sève bleu blanc rouge parcourant follement les veines des partisans de ce club dynastique fait même affleurer au visage de plusieurs ces mêmes couleurs. Les images associées aux Canadiens de Montréal les mettent comme en ébullition. Après, elles semblent se convertir en une sorte d’expression étonnante : des tatous tout partout. Cette étape de dessin s’apparente, selon une expression savante, à une épopée glorieuse ou dite de la Sainte Flanelle, époque si intense qu’elle est capable de générer des fantômes pouvant hanter longtemps un certain nombre de temples du hockey.

Seul face aux médias de masse

Qui veut avoir une conscience exacte des images habituelles ou consensuelles qui se forment dans la mémoire individuelle? Il est en effet très facile de penser ce que nous avons déjà, de mémoire, visionné des dizaines de fois et de ne s’en tenir qu’à cela. Notre quotidien parlé-vrillé de plusieurs clips publicitaires nous en fait une confortable démonstration.

Mais ce phénomène de massification des images peut-il laisser de la place à de la singularisation? Y-a-t-il une marge à cette page historico-technologique? En tout cas, un certain nombre d’organisations y croient ou feignent d’y croire. Nous n’avons qu’à penser au slogan « soyez à la marge » avec la radio universitaire montréalaise, à toutes les publicités vues à la télévision vantant l’originalité comme étant the affiche de marque numéro uno ou à ces quarante pour cent d’allemands, selon un sondage récent, désirant devenir auteur, écrivain, romancier (le Blues du Businessman!).

Qu’en est-il véritablement de l’individu qui veut aller vers lui-même, en résistance des images inconscientes qui s’affichent? Pour faire rapidement, il me semble qu’en gros, nous avons affaire à trois niveaux psychologiques des eaux de la psyché humaine… (à suivre)

J’ai grandi avec une place à prendre

Lundi 14 avril 2008 par Serge Morin

Une employée du siège social me demandait mon opinion sur l’impact du redoublement au primaire pour son enfant en prenant son café avec moi. Persévérance scolaire et estime de soi chez les garçons au primaire : c’est un sujet qui me tient à cœur. J’ai surtout parlé de maturité, en comparaison avec les autres élèves. Les dates d’entrée à l’école étant instaurées principalement pour des raisons administratives, il est nécessaire selon moi de prendre le temps d’analyser chaque situation en prenant en compte l’individualité de l’enfant. C’est en travaillant ensemble, une équipe formée d’enseignants, de directions, d’orthopédagogues, d’orthophonistes, de psycho-éducateurs et de parents, que nous pouvons prendre une décision éclairée pour l’avenir de l’élève. Aussi et surtout, parler avec l’enfant pour comprendre sa vision, car derrière chaque mot qu’un élève prononce, se cache souvent une histoire beaucoup plus longue.

Je reviens tout juste d’un voyage en Finlande. Du tourisme pédagogique, tel que mentionné par Louise Lafortune dans Le Devoir le 1er avril. J’en reparlerai prochainement, ici et ailleurs, mais une particularité m’a marqué. En Finlande, les enfants ne sont pas de trop. Oubliez le nombre d’élève par enseignant un instant. En Finlande, que ce soit dans les classes ou dans les rues, les enfants ont leur place.

- Serge Morin, président